dimanche, décembre 07, 2003

L'enfant dessine. Des traits rapides, sans lever le feutre. A le voir, impossible de se faire une idée de ce qu'il représente. Le dessin se termine lorsque le feutre revient à son point de départ. Une enveloppe a été tracée, et l'évidence s'impose. : c'est sapin de Noel, avec une étoile à son sommet.

Si c'était un homme, il aurait la tête dans les étoiles.

jeudi, novembre 06, 2003

Un bureau. J'entre. Je vois un fauteuil. Encore quelques pas et j'y suis. Ma perception de la pièce commence à s'organiser : table passablement encombrée, fauteuil dos à la fenêtre. Sur ma gauche, le divan entre dans mon champ de vision. A sa tête, le fauteuil. Celui de l'analyste, donc. Un moment d'hésitation, puis je vois un troisième fauteuil qui me tend les bras.

lundi, octobre 27, 2003

Jusqu'ou ?
Voila J., 8 ans 2 mois. Bientôt trois années de psychothérapie au rythme d'une séance par semaine. Autant dire qu'il est maintenant en CP de psychothérapie. Toujours présent. Toujours cet empressement - ou est ce l'escalier qui l'avale ? J'aimerai pouvoir dire qu'au terme de ce temps, J. a touché a cet eldorado psychanalytique qu'est la conflictualiser. Hélas, c'est bien plutôt du réel qui m'est servi a chaque séance : des camions, un chantier. On construit. Mais cela reste sans épaisseur, un peu à la manière décors que l’on construisait au passage du Tsar. Pas d'arrière plan? Pas d’autre scène. La chose renvoie a la chose. Du temps de sa maternelle de psychothérapie, les choses étaient plus animées : du feu, des pompiers et même des combats entre "minitaires" ou entre policier et voleurj-J. Il y a eu ensuite la "DDE" et sa noria de camions. On a construit une route - a coté de chez lui, une autoroute en construction et son père travaille dans les travaux publics). Mais J. reste un enfant "c'est maman qui sait" Maman sait tout : ce qu'il doit mettre le matin, s'il doit venir a la psychothérapie, ce qu'il aime ou pense. De temps en temps, un affect émerge : le vertige qui le prend lorsqu'en voiture, avec son père, il se trouve sur les hauteurs de la ville, le silence qu'il doit faire a la maison, le chien que l'on bat, sa peur d'être traîné par le chien lorsqu'il le promène. Pourquoi la consultation ? "Il parle mal" disait la mère. "Dysharmonie d'évolution à versant psychotique" disait le psy. Une chose a changé, pourtant : les défenses maniaque ont cédé. J. n'est plus le clown de maman et il cherche moins a être dans le désir du psychothérapeute-maman. Un bourgeon de conflictualisation apparaît : sur le chantier, des personnages et des animaux. On construit enfin quelque chose : des enclos. Ce qui reste intact : la négation de tout mouvement agressif.