Jusqu'ou ?
Voila J., 8 ans 2 mois. Bientôt trois années de psychothérapie au rythme d'une séance par semaine. Autant dire qu'il est maintenant en CP de psychothérapie. Toujours présent. Toujours cet empressement - ou est ce l'escalier qui l'avale ? J'aimerai pouvoir dire qu'au terme de ce temps, J. a touché a cet eldorado psychanalytique qu'est la conflictualiser. Hélas, c'est bien plutôt du réel qui m'est servi a chaque séance : des camions, un chantier. On construit. Mais cela reste sans épaisseur, un peu à la manière décors que l’on construisait au passage du Tsar. Pas d'arrière plan? Pas d’autre scène. La chose renvoie a la chose. Du temps de sa maternelle de psychothérapie, les choses étaient plus animées : du feu, des pompiers et même des combats entre "minitaires" ou entre policier et voleurj-J. Il y a eu ensuite la "DDE" et sa noria de camions. On a construit une route - a coté de chez lui, une autoroute en construction et son père travaille dans les travaux publics). Mais J. reste un enfant "c'est maman qui sait" Maman sait tout : ce qu'il doit mettre le matin, s'il doit venir a la psychothérapie, ce qu'il aime ou pense. De temps en temps, un affect émerge : le vertige qui le prend lorsqu'en voiture, avec son père, il se trouve sur les hauteurs de la ville, le silence qu'il doit faire a la maison, le chien que l'on bat, sa peur d'être traîné par le chien lorsqu'il le promène. Pourquoi la consultation ? "Il parle mal" disait la mère. "Dysharmonie d'évolution à versant psychotique" disait le psy. Une chose a changé, pourtant : les défenses maniaque ont cédé. J. n'est plus le clown de maman et il cherche moins a être dans le désir du psychothérapeute-maman. Un bourgeon de conflictualisation apparaît : sur le chantier, des personnages et des animaux. On construit enfin quelque chose : des enclos. Ce qui reste intact : la négation de tout mouvement agressif.
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